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Une haine sans
borne se donnait libre cours contre tout ce qui était français et entendait
le demeurer. Les premières réactions de l’O.A.S. à ce régime de terreur
entraînèrent les interrogatoires, maintenant connus, du colonel Debrosse qui
reculèrent les limites de la cruauté. Le même Etat
qui se livrait à ces violences continuait à proclamer en l’autodétermination
le but final de sa politique alors qu’il organisait déjà la prédétermination
en faveur de l’ennemi. Dès le
premier jour, l’autodétermination n’était qu’un mensonge destiné à
couvrir un mensonge bien plus monstrueux que vulgaire. La politique choisie le
13 mai, confirmée les 4, 5 et 6 juin 1958 par le général de Gaulle,
massivement approuvée par le référendum du 28 septembre 1958, était la
seule possible. Après
l’approbation par le peuple français de la nouvelle constitution, cette
politique était la seule qui fut légale. Pour combattre
l’Algérie, province française, il a fallu violer la constitution, briser
l’armée, incarcérer les meilleurs des siens, répandre la haine et la délation.
C’est le gouvernement qui, reniant ses origines, est responsable du sang qui
coule et, au dessus de quiconque, celui à qui j’ai donné le pouvoir. Mais un tel
reniement ne conduira pas à l’abandon. Il existe en Algérie une masse
d’hommes et de femmes, de toutes les communautés qui, martyrisés, affamés,
pillés et mitraillés, ne se laisseront jamais abattre et ne cèderont ni au
FLN, ni à l’exil, ni au cercueil. Ils se sont retrouvés au coude à coude
dans l’O.A.S., dernier soutien de leur volonté farouche de rester français. Parmi eux, bon
nombre de musulmans nous sont restés fidèles, qui maintiennent dans le
souvenir de leurs morts l’unité des vivants. Ceux-là qui ont choisi la
France sont venus à nous sur la foi du serment que leur avait prêté le chef
actuel de l’état. Anciens
combattants, militaires, supplétifs qui se donnèrent à plein pour cette
pacification qui faisait notre fierté, après les avoir convaincus de notre résolution
de rester, après les avoir compromis, ils sont bassement abandonnés. C’est
une honte pour le pouvoir, mais c’est l’honneur de l’O.A.S. de leur
avoir montré la fidélité de la France. Une publicité
éhontée affirme que c’est l’O.A.S. qui est responsable du chaos actuel.
Je réponds : non. Le responsable premier, c’est d’abord l’ennemi
et c’est ensuite ceux qui se font ses soutiens et ses complices. Est-il
possible de condamner des
erreurs, des excès inévitables alors que s’entrecroisent des violences
d’origines fort diverses ? Ne sont-ils
pas confondus, dans un tel climat, les coupables, les semi-coupables et les
innocents dans les remous sanglants que déchaînent les volontés qui
s’affrontent ? Ces violences
n’étaient-elles pas le résultat inéluctable de plus de trois ans d’équivoques
et de mensonges ? La
capitulation et la fuite n’engendrent-elles pas à elles seules tous les désastres ? Il faut que je
donne un exemple. Les forces de
police et de gendarmerie ont perdu plus de 400 des leurs en procédant à des
arrestations ou à des contrôles de membres du FLN. Au cours de plusieurs
centaines d’arrestations de membres de l’O.A.S., les mêmes forces n’ont
pas perdu un seul homme. Et ce sont les meurtriers de 400 gendarmes et
policiers qui furent amnistiés et c’est moi qui devrais être fusillé ?
Un tel exemple prouve le caractère criminel d’une certaine propagande. Il est par
contre exact que l’O.A.S. a revendiqué des attentats. Aucun d’entre eux
ne saurait lui être reproché. Je prendrai
encore un exemple : le 31 décembre 1961, l’O.A.S. a tiré sur une
villa occupée par un service spécial de police. Dans cette villa, des Français
membres ou non de l’O.A.S. étaient torturés de telle manière que des cris
pouvaient parfois être perçus à l’extérieur. Lorsque l’explosion se
produisit, un cadavre fut découvert. Le malheureux avait été pendu de telle
sorte que les efforts qu’il faisait pour se dégager n’aboutissaient qu’à
l’empaler sur un pieu. |