Est-ce une violence condamnable que d’avoir détruit ce repaire de bourreaux ? Et comment peut se définir un Etat qui recourt à de tels procédés ?

Il conviendrait aussi de souligner que les actes de violences revendiqués par l’O.A.S. ont été commis à l’égard d’hommes qui n’avaient pas craint d’utiliser le concours de l’ennemi pour traquer des patriotes. J’ajoute qu’à cette époque l’ennemi ne collaborait pas encore, en uniforme et armé par le pouvoir, à l’œuvre de génocide actuellement poursuivie en Algérie.

La violence de l’O.A.S. c’est la réponse à la plus odieuse de toutes les violences, celle qui consiste à arracher leur nationalité à ceux qui refusent de la perdre.

Je n’ai pas à me disculper d’avoir refusé que l’on mît d’abord une province française aux voix pour la brader ensuite dans le mépris cynique des engagements les plus sacrés.

Je n’ai pas à me disculper d’avoir refusé que le communisme s’installât à une heure de Marseille et que Paris fût mis à portée de ses fusées courtes.       

Je n’ai pas à me disculper d’avoir défendu les richesses que de jeunes pionniers ont données à la France au Sahara, assurant ainsi son indépendance pétrolière.

Si les alliés avaient perdu la guerre et que le général de Gaulle eût été traduit devant un Haut Tribunal Militaire, l’accusation lui eût reproché le meurtre d’un juge d’instruction à Lorient, celui d’un avocat général à Lyon, et le massacre d’une famille entière à Voiron.

C’eût été parfaitement injuste, mais tel eût été son procès et la peine de mort eût été demandée par le pouvoir.

Les Allemands eussent réclamé sa tête à grands cris, comme le FLN exige aujourd’hui la mienne.

Il s’agit de savoir si vous refuserez cette satisfaction à l’ennemi et au pouvoir qui vous présentent une commune requête.

Pour répondre à cette question, vous aurez à interroger vos consciences, mais quelle que soit votre réponse, elle n’affectera pas mon honneur.

Je ne dois de comptes qu’à ceux qui souffrent et meurent pour avoir cru en une parole reniée et à des engagements trahis.

Désormais, je garderai le silence. 

Pages:  1 / 2 / 3 / 4 / 5 / 6 / 7 / 8 / 9 / 10