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Yacef
Saadi Yacef
Saadi est né le 20 janvier 1928 à Alger. Mitron, il est militant actif
du P.P.A. (Parti du Peuple Algérien) à partir de 1947. Puis membre de
l’O.S. (Organisation Secrète) de 1947 à 1949. Après un séjour de
trois ans en métropole (1949-1952), il reprend son métier de boulanger
à Alger de 1952 à 1954. Après le déclenchement de la rébellion, le
1er novembre 1954, il entre en relation avec certains membres
du F.L.N. et héberge à son domicile Rabah Bitat, Krim Belkacem, Omar
Ouamrane et Abane Ramdane. En
juin 1955, il effectue une mission de liaison en Suisse, en est expulsé
par la police et est arrêté à Orly par la police française prévenue
par ses homologues helvétiques.
Transféré à
Alger, il est emprisonné à la prison civile mais relâché en
septembre 1955, au bout de quatre mois, en échange de l’engagement
d’informer la police. Il
devient chef de l’organisation militaire du F.L.N. à Alger,
responsable de l’organisation terroriste, avec Ali la Pointe pour
adjoint. A ce titre, pendant la bataille d’Alger, il crée les filières
de conception, de réalisation, de stockage et de distribution de bombes
et organise les séries d’attentats à la bombe dans Alger entre
l’automne 1956 et l’été 1957. Ces attentats, perpétrés par de très
jeunes femmes d’allure européenne dans les lieux publics (bars et
restaurants, hôtels, avenues et boulevards, transports en commun,
stades, dancings) font des dizaines de morts et des centaines de blessés,
souvent des femmes et des enfants. (Près de
cent bombes non encore
utilisées seront trouvées par les troupes françaises pendant la
bataille d’Alger.) Il
entretient en parallèle des relations clandestines avec l’ethnologue
Germaine Tillon (membre en 1955 du cabinet de Jacques Soustelle,
gouverneur de l’Algérie), qui l’informe de la situation en métropole
et des positions de diverses personnalités politiques vis à vis du
problème algérien. Le
mardi 24 septembre 1957, cerné dans sa cache de la casbah d’Alger
avec Zorah Drif, il se rend à un détachement du 1er Régiment
Etranger de Parachutistes et
fait des aveux détaillés (plus de 100 pages) qui permettent
l’arrestation de plusieurs membres de l’organisation du F.L.N. . Libéré
après les accords d’Evian du 18 mars 1962, il prend le parti de Ben
Bella quand celui-ci, à l’été 1962, prend le dessus sur le G.P.R.A.
. Il
crée par la suite la société de production cinématographique
« Casbah Films » à l’aide de capitaux yougoslaves et
produit le film « La bataille d’Alger » , réalisé en
1966 par Gillo Pontecorvo, où il tient son propre rôle. En parallèle,
il crée une affaire d’import-export. En juillet
1963, il est nommé par Ahmed Ben Bella président du C.N.A.P. (Centre
National d’Amitié avec les Peuples, destiné à faire connaître
internationalement les réalisations du socialisme algérien). Le
6 janvier 2001, il est nommé sénateur par le président Bouteflika sur
le contingent de 29 nominations qui lui est réservé. Yacef
Saadi est l’auteur d’un ouvrage sur la bataille d’Alger édité
par Casbah Editions ; il est propriétaire d’une villa à Cap
d’Antibes. Le 25 septembre 1957, le général d’armée Raoul Salan , commandant supérieur interarmées en Algérie, reçoit un télégramme du président du conseil, Maurice Bourgès-Maunoury, qui lui prescrit de se rendre auprès de Yacef Saadi et de Zorah Drif afin de s’assurer qu’ils ne sont pas maltraités. Le colonel Godard l’introduit dans la pièce où se trouve Yacef Saadi qui rédige sa confession. Il lui demande s’il a quelque chose à dire : « Je ne suis pas maltraité. », lui répond-il, « Vos médecins m’ont même guéri d’un commencement de grippe. ». Ce sera la seule entrevue entre Raoul Salan, qui, condamné en 1962 à la peine de détention criminelle à vie, passera six années dans les prisons françaises, et Yacef Saadi, qui, condamné à mort par la justice militaire le 25 juin 1958, sera libéré en mars 1962 |