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Robert Rodier Né
en 1906, savoyard, Robert Rodier effectue son service militaire au 14ème
bataillon de chasseurs alpins. Elève officier de réserve, il est
sous-lieutenant le 10 novembre 1929 et affecté au 10ème régiment
de tirailleurs sénégalais. En
Tunisie en 1930, il réussit le concours d’élève officier d’active
et rejoint Saint Maixent le 1er octobre 1932. Il est affecté
en Afrique Equatoriale Française en 1935. Il
fait la campagne de France au printemps de 1940, est blessé et est cité
à l’ordre du corps d’armée le 15 juin 1940. Fait prisonnier, il
est envoyé en Allemagne à l’Oflag 6A. Libéré
le 5 mai 1945, il est fait chevalier de la légion d’honneur le 15
novembre 1946. Mis
à la disposition du général commandant le corps expéditionnaire français
en Extrême Orient, il est promu au grade de chef
de bataillon le 1er avril 1949 et chargé du service
social du corps expéditionnaire où son épouse sert comme infirmière.
Par
la suite, il est muté en Algérie, arrive à Alger le 18 novembre 1956
et est affecté au cabinet du général Salan. Inscrit
le 30 décembre 1956 au tableau d’avancement pour le grade de
lieutenant-colonel, il est promu au grade d’officier dans l’ordre de
la légion d’honneur le 31 décembre 1956. Le
16 janvier 1957, à 19 heures, alors que le général Salan a quitté
depuis vingt minutes son bureau de l’hôtel de commandement de la 10ème
région militaire, place d’Isly, le commandant Rodier, qui est à sa
table de travail dans le bureau du cabinet militaire, est tué par
l’explosion de l’ogive d’un projectile antichar tiré depuis une
terrasse située de l’autre côté de la place d’Isly tandis qu’un
deuxième projectile explose dans le bureau du général Salan. Ses obsèques
sont célébrées le 18 janvier à la chapelle de l’hôpital Maillot
en présence du général Salan et du préfet I.G.A.M.E. d’Alger, Serge
Baret. Robert Rodier est inhumé en Savoie dans les jours qui
suivent. Le général Salan fera célébrer, peu de temps après, une
messe à sa mémoire à l’église Saint Louis des Invalides. Le général Salan avait apprécié l’action du
commandant Rodier au service social du corps expéditionnaire français
en Extrême-Orient et l’avait appelé à son cabinet dès sa prise de
fonction à la tête de la 10ème région militaire à Alger. Les
auteurs de l’attentat dit « du bazooka » sont arrêtés
quelques jours après avoir commis leur forfait et mettent en cause
plusieurs personnalités dont le général
Cogny, le député Pascal
Arrighi, le sénateur Michel Debré, et Alain Griotteray (alors au
cabinet militaire du général Cogny). Le procès des auteurs directs de
l’attentat s’ouvre finalement le
24 juillet 1958 devant le tribunal permanent des forces armées de Paris
après que Michel Debré, devenu premier ministre, ait fait demander à
Raoul Salan s’il tenait vraiment à ce que le procès vienne à
l’audience. Il se conclut le 11octobre 1958 par la condamnation à
mort par contumace de Kovacs (le principal inculpé qui, profitant de sa
mise en liberté provisoire, s’est enfui en Espagne) et par des peines
de prison pour ses comparses. Plus tard, le 29 janvier 1962, quand Raoul Salan est à la tête de l’O.A.S., il écrit une lettre ouverte à Michel Debré, encore premier ministre, en l’accusant nommément d’être le commanditaire de l’attentat du bazooka. Au procès de Raoul Salan, l’attentat du bazooka est au centre des auditions de Michel Debré, de François Mitterand, du général Dulac, de Christian de la Malène et du général Gardon. Selon les propos tenus à l’automne 1968 à Raoul Salan par le professeur Pasteur Valléry-Radot, l’un des juges à son procès, l’affaire du bazooka a « beaucoup servi » à Raoul Salan pour échapper à la condamnation à mort. |