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Jean
Ferrandi Né en 1920 en Corse, à Muro, Jean
Ferrandi est sous-lieutenant d’infanterie coloniale à sa sortie de
l’école de Cherchell en 1943. Il participe aux campagnes de France et
d’Allemagne au sein de la 9ème
Division d’Infanterie Coloniale. Dès la fin de 1945, il est en
Indochine, au 2ème bataillon du 23ème Régiment
d’Infanterie Coloniale de la 9ème D.I.C. commandée par le
général Valluy, où il opère en Cochinchine, dans la plaine des
Joncs. Il débarque avec son régiment à Haïphong en mars 1946,
participe à la prise de contrôle de la ville le 19 novembre suivant et
assure la sécurité d’une portion de la Route Coloniale n° 5 qui
relie Haïphong à Hanoï. Il regagne la métropole en octobre
1947, et, après une affectation en Corse, suit un stage universitaire
de spécialisation à l’Extrême-Orient avant d’être de nouveau
affecté en Indochine (devenue le Vietnam) en mai 1950, à la section
des études générales du 2ème bureau de la zone opérationnelle
du Tonkin, devenue ultérieurement le commandement des forces terrestres
du Nord-Vietnam. Pendant la période de commandement
du général de Lattre, le deuxième bureau du Commandement des Forces
Terrestres du Nord-Vietnam, dirigé par le colonel Jodin, fournit
l’ensemble des renseignements sur le Viet-Minh indispensables à la
manœuvre et à la contre-manœuvre. Jean Ferrandi participe ainsi à la
bataille de Vinh Yen en janvier 1951, à celle de Mao Khe, à la fin
mars, et à celle de Nam Dinh, fin mai et début juin. En novembre 1951,
sous l’impulsion du 2ème bureau,
De
Lattre décide d’occuper Hoa Binh qui devra être évacuée sur
ordre de Raoul Salan en février 1952. Sous le commandement de ce
dernier, le deuxième bureau est particulièrement mis à contribution
pendant la bataille de Na San à la fin de 1952. Avec le successeur de Raoul Salan, le
général Navarre, Jean Ferrandi vit la bataille de Dien Bien Phu, camp
retranché à propos duquel le 2ème bureau avait mis en
garde le haut commandement. De juin à octobre 1954, Jean
Ferrandi est, à Hanoï, à Dalat et à Saïgon, au cabinet du général
Salan revenu au Vietnam en tant qu’adjoint opérationnel au général
Ely, lui-même nommé commissaire général et commandant en chef au
Vietnam. En 1955, il est, à Paris, au cabinet
du général Salan, commandant désigné d’une armée de réserve, et
le suit lorsque celui-ci part à Alger le 15 novembre 1956 pour prendre
les fonctions de commandant supérieur interarmées et de la 10ème
région militaire. Promu capitaine, il revient à Paris
quand le général Salan quitte son commandement à Alger, le 19 décembre
1958, et devient gouverneur militaire de Paris; il reste membre de
son cabinet. Fin 1959, il demande et obtient sa mise en disponibilité
et retrouve la vie civile après 17 années de service. Le 21 septembre
1960, lorsque le général Salan vient en métropole sur convocation de
Pierre Messmer, ministre des armées, Jean Ferrandi « reprend du
service » auprès du général Salan qui est en position de 2ème
section du corps des officiers généraux depuis le 10 juin 1960. Dès
lors, il partage son destin avec lui jusqu’à leur commune
arrestation, le 20 avril 1962 : exil volontaire en Espagne,
participation au coup d’Alger d’avril 1961, action clandestine en
Algérie à la tête de l’O.A.S. Entre temps, le 26 décembre 1960, à
Madrid, Jean Ferrandi reçoit un ordre du ministère des armées
annulant sa mise en disponibilité et lui enjoignant de rejoindre le 31
décembre le centre d’instruction des troupes de marine à Fréjus,
ordre auquel il répond par une demande de mise à la retraite. Il est déclaré
déserteur le 16 janvier 1961, inculpé, et condamné en mars 1961, par
contumace, à 10 ans de prison. Condamné à mort par contumace le 2
mars 1962 pour sa participation au coup d’Alger,
Jean Ferrandi, défendu par Maître Isorni, est finalement
condamné à une lourde peine
de détention criminelle après son arrestation d’avril
1962. Grâcié, il est libéré en 1966.
Officier de la légion d’honneur à
moins de 30 ans, Jean Ferrandi est l’auteur de « Les officiers
français face au Viêt-minh » publié chez Fayard en 1966 et de
« 600 jours avec Salan et l’O.A.S. » publié également
chez Fayard en 1969. Il meurt à l’hôpital Bégin, le 31 août 1989
et est inhumé en Corse,dans son village natal de Muro. Pendant une grande partie de sa
carrière militaire, Jean Ferrandi a été très proche du général
Salan. Il a également partagé l’essentiel de la vie préclandestine
et clandestine de Raoul Salan, de 1960 à 1962, qu’il a rapportée
dans son ouvrage « 600 jours avec Salan et l’O.A.S. ». |