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L’homme
de la rue connaît Salan mais le connaît-il bien ? Force est de
constater que le général Salan est l’une des rares personnalités
n’appartenant pas à l’appareil gouvernemental et peut-être le seul à
propos de qui la presse ait accumulé des gros titres depuis bientôt trois
ans.
En
effet l’actualité a fourni assez de rebondissements successifs pour mettre
en vedette le même nom, se centrer sur lui, ôter son mystère.
Clandestin
pendant un an, guère mieux connu auparavant, Salan a vite symbolisé un
courant supérieur à son propre personnage. Pour les uns, incarnation la plus
manifeste d’un pays fasciste que ses adversaires s’évertuaient à découvrir
dans les voltes douteuses d’une organisation secrète, il représentait pour
les autres, au contraire, la sincérité dans le courage, l’espoir immense
de rester français sur la dernière des terres d’empire. D’avril 1961 à avril 1962, chacun s’accorda à poser l’équation Salan=O.A.S.. A partir de quoi on le voyait, comme un chef des tueurs, sorte de nouvel « ennemi public N°1 », ou bien comme le chef incontesté d’un ensemble bien vivant, et en tout cas rangé sous ses ordres. L’apaisement des passions, la suppression de fait des slogans que n’épaulait aucune doctrine, ont démontré depuis, d’amples façons, l’inanité des formules employées. Cependant, à coup d’idées reçues, d’argumentation stéréotypée, les idées s’affrontaient avec une tension à ce point générale que seul le verdict du procès Salan la révéla. Mais la vie de Raoul Salan, sa confrontation vis à vis de l’opinion n’a pas commencé en 1961. Il est de mauvaise propagande de braquer les projecteurs sur quelques années d’une vie pour laisser dans l’ombre le restant , alors qu’on doit bien reconnaître, dans les positions prises, une continuité naturelle même précipitée par tel ou tel événement. C’est cet enchaînement, le cortège d’affaires et de conflits dont le général Salan a été le point de rencontre, les échos rencontrés par leur déroulement et leur dénouement, que l’on peut maintenant retracer.
Fabrice
Laroche (Alain de Benoist) Salan
devant l’opinion
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